#INTERVIEW

 

Interview de Monsieur Christian Lauranson-Rosaz

 

  • Question 1 – Présentation : Pouvez-vous vous présenter en quelques lignes ?

http://hd.univ-lyon3.fr/m-lauranson-christian-97774.kjsp?RH=1404829949417

Christian LAURANSON-ROSAZ, né le 10 janvier 1952 à Autun (Saône-et-Loire), est marié, père de 4 enfants, grand-père de 4 petits-enfants. Il réside à Monistrol-sur-Loire, en Haute-Loire.

Étudiant, puis Assistant à l’Université Jean Monnet de Saint-Étienne, il y a ensuite été Maître de Conférences de 1985 à 1996. Agrégé des Facultés de Droit au concours de 1996, il a été nommé Professeur à l'Université d'Auvergne (Clermont I), où il a exercé de 1996 à 2002. Depuis 2002, il est devenu par mutation Professeur à l'Université Jean Moulin Lyon 3. Il est membre du C.L.H.D., président de la section d’Histoire du droit, membre du C.N.U., section 03.

 

  • Question 2 – Domaine de spécialisation : quelle est votre période de prédilection ? Votre thème de prédilection ? …

Docteur d'État en Histoire du Droit en 1984 (Université de Paris X-Nanterre), sa thèse, dirigée par de Jean-Pierre Poly, a porté sur L’Auvergne et ses marges (Velay, Gévaudan) du VIIIe au XIe siècle. La fin du monde antique ? (Le Puy-en-Velay, Les Cahiers de la Haute-Loire, 1987, diffusion Librairie internationale Picard, réédition 2007).

Il a tenté de démontrer la survivance/permanence des valeurs antiques – celles du Bas-Empire −, tant en ce qui concerne le droit et les institutions que les structures socio-économiques, la culture et les mentalités, et le bouleversement qu’elles connaissent autour de l’an Mil, bouleversement occasionné par la fameuse et contestée « mutation féodale ».

 

Ses spécialités, dans le domaine de l’Histoire du droit, des institutions publiques et des faits sociaux, sont l’histoire des « droits intermédiaires » ou du premier Moyen Âge (5e-11e siècles) (avec la question de la permanence du droit romain / traditio juris), l’histoire des féodalités, l’histoire des élites aristocratiques, l’histoire de l’Église, du droit canonique et des ordres religieux.

L’anthropologie juridique l’a amené à s’intéresser à des domaines plus précis tels que les questions d’identité (statut des personnes, ethnogenèse, anthroponymie et mémoire aristocratique), d’espaces et de territoires (géographie politique, évolution des circonscriptions administratives et judiciaires) ou d’idéologie cléricale (modèles hagiographiques, lutte contre le paganisme, naissance du mariage chrétien, érémitisme et réseaux monastiques, pouvoir épiscopal et chapitres cathédraux, genèse et essor du mouvement de la paix de Dieu).

Ses recherches portent particulièrement sur le Midi de la France et les alentours de l’an Mil, pour y montrer la persistance de structures et de mentalités antiques, finalement vivaces durant tout le haut Moyen Âge.

 

Outre sa thèse et des contributions variées à de nombreux colloques dans les domaines cités, il a collaboré à La France de l’An Mil (dir. R. Delort, Paris, Seuil, 1990), l’Atlas de la France de l’An Mil (dir. M. Parisse, Paris, Picard, 1994) et l’Album Gerbert (École des Chartes, Paris, 1996).

 

Il a dirigé et dirige un certain nombre de thèses (13 au total), et certains de ses anciens doctorants sont à présent membres du corps universitaire.

 

  • Question 3 – Souhaitiez-vous devenir professeur d’Histoire du Droit dès le début de vos études ou bien votre choix de carrière a-t-il changé au cours de ces dernières ?

 

Je n’y pensais pas vraiment, mais depuis la 4e année (maîtrise à l’époque, aujourd’hui M1), à la suite de la rédaction d’un mémoire, j’étais attiré par la recherche. C’est en D.E.A. (auj. M2) d’histoire du droit à Lyon, ma rencontre avec celui qui a dirigé ma thèse, J.-P. Poly, qui m’a donné la « vocation ».

 

  • Question 4 - Promotion du Master 2 Histoire du Droit : Selon vous qu’apporte le Master 2 Histoire et Droit et des Institutions aux étudiants ?

 

À ceux qui ont envie de poursuivre une carrière universitaire les bases des méthodes de la recherche historique ; aux autres une curiosité pour les matières réputées culturelles ou moins juridiques et une ouverture d’esprit indispensable à leur carrière, quelle qu’elle soit : c’est d’ailleurs plus généralement l’utilité de l’histoire du droit qui à maints égards est de la philosophie du droit…

 

Nous remercions Monsieur Lauranson-Rosaz d'avoir participé à notre interview